Arnaque au faux support technique : réagir et signaler

Une fenêtre bloque soudain votre navigateur, une alarme retentit et un message affirme que votre ordinateur est infecté, avec un numéro « Microsoft » à appeler d’urgence. C’est le scénario classique de l’arnaque au faux support technique : un escroc se fait passer pour un technicien, prend le contrôle de votre machine à distance puis vous facture une réparation imaginaire ou vide votre compte bancaire.

Ce guide explique comment reconnaître ces fausses alertes, quoi faire si l’escroc a déjà accédé à votre ordinateur, et vers quels services officiels vous tourner pour signaler les faits. Les réflexes décrits valent aussi bien pour un PC sous Windows que pour un Mac.

En bref : l’arnaque au faux support technique était la 3e menace cyber pour les particuliers en France en 2024 selon Cybermalveillance.gouv.fr, avec 13 500 recherches d’assistance sur l’année. Aucun éditeur légitime n’affiche de numéro de téléphone dans un message d’erreur, n’appelle sans sollicitation ni ne réclame un paiement en cartes cadeaux. Si un escroc a pris la main sur votre ordinateur : coupez internet, ne payez rien, faites opposition auprès de votre banque et appelez Info Escroqueries au 0805 805 817.

Qu’est-ce que l’arnaque au faux support technique ?

L’arnaque au faux support technique consiste à faire croire à la victime que son appareil est en panne ou infecté, afin de lui vendre une intervention inutile ou d’obtenir ses données bancaires. Les escrocs usurpent le plus souvent l’identité de Microsoft, d’Apple, d’un fournisseur d’accès à internet ou d’un éditeur d’antivirus, ce qui rend le message crédible pour un utilisateur peu technicien.

Le phénomène est massif. Le dispositif national Cybermalveillance.gouv.fr a enregistré 136 500 consultations d’articles et 13 500 recherches d’assistance liées à cette escroquerie en 2024. Pour la seule année 2023, 585 plaintes ont été transmises à la section de lutte contre la cybercriminalité du Parquet de Paris, pour un préjudice total de 374 000 euros, hors tentatives bloquées par les banques. Le préjudice individuel, longtemps limité à quelques centaines d’euros, peut désormais atteindre plusieurs milliers d’euros. Les signalements se poursuivent en 2026, avec les mêmes scénarios.

Comment reconnaître une fausse alerte de support technique ?

Une fausse alerte se reconnaît à trois signes : elle crée une urgence, elle vous pousse à appeler ou à installer un programme, et elle mène à un paiement. L’escroquerie prend généralement l’une des trois formes ci-dessous.

La fenêtre qui bloque le navigateur

Le cas le plus fréquent est une page web qui passe en plein écran, émet un son d’alarme et affiche un faux écran bleu ou un faux logo Windows avec un numéro à appeler. Cette page apparaît le plus souvent après un clic sur une publicité piégée ou sur un site de téléchargement douteux. Elle n’a rien d’un virus : c’est une simple page web qui empêche de fermer l’onglet, mais elle ne peut pas lire vos fichiers.

L’appel ou l’e-mail non sollicité

Dans la deuxième variante, c’est l’escroc qui prend contact par téléphone ou par e-mail, en affirmant avoir détecté un problème sur votre ordinateur ou votre abonnement. Microsoft rappelle qu’il n’envoie jamais d’e-mails et n’appelle jamais de manière non sollicitée pour demander des informations personnelles ou financières, ni pour proposer une assistance technique.

La demande d’accès à distance et de paiement

Une fois en ligne, le faux technicien demande d’installer un logiciel de prise en main à distance (AnyDesk, TeamViewer ou un outil similaire, parfaitement légitimes par ailleurs) pour « réparer » l’ordinateur. Il exige ensuite un paiement, souvent en cartes cadeaux, en cryptomonnaie ou par virement, ou fait saisir les codes bancaires pendant qu’il observe l’écran.

ÉlémentMessage d’un éditeur légitimeFaux support technique
Numéro de téléphone affichéJamais dans un message d’erreurMis en avant, « à appeler d’urgence »
Prise de contactÀ votre initiative uniquementAppel, e-mail ou pop-up non sollicités
Son d’alarme, compte à reboursNonOui, pour créer la panique
Mode de paiement demandéAucun pour une alerte systèmeCartes cadeaux, cryptomonnaie, virement
Installation demandéeMises à jour via Windows Update ou le Mac App StoreLogiciel de prise en main à distance

Que faire si l’escroc a pris la main sur votre ordinateur ?

Si vous avez laissé un faux technicien accéder à votre ordinateur, la priorité est de couper son accès, puis de protéger votre argent, avant même de nettoyer la machine. Voici l’ordre à suivre.

  1. Déconnectez l’ordinateur d’internet : débranchez le câble réseau ou coupez le Wi-Fi pour interrompre immédiatement la session à distance.
  2. Ne payez rien, même si l’escroc menace de « bloquer » l’ordinateur ou de supprimer vos fichiers.
  3. Contactez votre banque si vous avez communiqué des coordonnées bancaires ou effectué un paiement : faites opposition sur la carte et demandez le blocage ou le rappel des opérations.
  4. Désinstallez le logiciel de prise en main installé pendant l’appel, puis lancez une analyse complète avec un antivirus à jour.
  5. Changez vos mots de passe (messagerie, banque, comptes en ligne) depuis un autre appareil sain, en commençant par la messagerie.
  6. Conservez les preuves : captures d’écran, numéro appelé, adresse du site, échanges d’e-mails et justificatifs de paiement.

Après une prise en main à distance, il est difficile de savoir avec certitude ce que l’escroc a modifié : tâches planifiées, comptes ajoutés, extensions de navigateur. Un contrôle par un professionnel de l’assistance informatique permet de vérifier que plus aucun accès ne subsiste. Si l’ordinateur reste instable ou affiche encore des fenêtres suspectes, une réparation d’ordinateur avec suppression des programmes malveillants peut être nécessaire.

Où signaler l’escroquerie et porter plainte ?

Signaler l’escroquerie aux services officiels est utile même en l’absence de perte d’argent, car chaque signalement aide à identifier les réseaux. Plusieurs canaux existent en France.

  • Info Escroqueries : le numéro vert 0805 805 817, tenu par la police et la gendarmerie, du lundi au vendredi de 9 h à 18 h 30, conseille et oriente les victimes (source : Service-Public.fr).
  • Cybermalveillance.gouv.fr : le dispositif national d’assistance aux victimes propose un diagnostic en ligne et des fiches réflexes (cybermalveillance.gouv.fr).
  • Plainte : elle se dépose au commissariat ou à la gendarmerie. Le Parquet de Paris invite aussi les victimes à lui adresser directement une lettre-plainte, ce qui accélère le traitement.

Sur le plan pénal, ces faits relèvent de l’escroquerie, définie à l’article 313-1 du Code pénal et punie de cinq ans d’emprisonnement et de 375 000 euros d’amende.

Comment protéger un proche âgé de ces escroqueries ?

Les seniors sont une cible privilégiée, en partie parce qu’ils connaissent mal les démarches à suivre. Selon une étude de l’Ifop pour Microsoft menée en mai 2025 auprès de 1 000 personnes de 60 à 75 ans, seules 16 % déclarent connaître précisément les démarches en cas d’arnaque en ligne, et 39 % se tournent vers un proche en cas de problème technique. Le rôle de l’entourage est donc décisif.

  • Expliquer la règle simple : aucun message d’erreur sérieux ne contient de numéro de téléphone.
  • Montrer comment fermer une page bloquante (voir la FAQ ci-dessous) et noter la procédure sur papier, près de l’ordinateur.
  • Installer un bloqueur de publicités réputé et garder le système et le navigateur à jour.
  • Convenir qu’aucun paiement n’est fait à un « technicien » sans avoir d’abord appelé un proche.
  • Garder à portée de main le numéro d’un interlocuteur de confiance : un membre de la famille ou un professionnel local identifié, par exemple un technicien de proximité à Châteaudun ou dans le Dunois.

Pour les personnes qui débutent, une initiation aux bons gestes numériques réduit nettement le risque de panique devant une fausse alerte. Les services informatiques pour les particuliers incluent ce type d’accompagnement, au même titre que la mise à jour des appareils.

Questions fréquentes sur l’arnaque au faux support technique

Microsoft peut-il m’appeler pour signaler un virus ?

Non. Microsoft indique qu’il n’appelle jamais et n’envoie jamais d’e-mail de manière non sollicitée pour proposer une assistance technique ou demander des informations personnelles. Tout appel de ce type doit être considéré comme une tentative d’escroquerie : raccrochez sans donner suite.

Comment fermer une fausse alerte qui bloque le navigateur ?

Sous Windows, ouvrez le Gestionnaire des tâches avec Ctrl + Maj + Échap, sélectionnez le navigateur et cliquez sur « Fin de tâche ». Sur Mac, utilisez Cmd + Option + Échap pour forcer la fermeture du navigateur. Au redémarrage, refusez la restauration des onglets précédents pour ne pas rouvrir la page piégée.

J’ai payé par carte bancaire : puis-je être remboursé ?

Un remboursement est possible mais n’est pas garanti. Il dépend de la rapidité de votre réaction et des conditions de l’opération. Contactez votre banque sans attendre pour faire opposition et contester le paiement, puis déposez plainte : le récépissé est souvent demandé par la banque pour instruire le dossier.

Le logiciel installé par l’escroc peut-il rester actif ?

Oui. Tant que le logiciel de prise en main à distance reste installé et configuré, l’escroc peut potentiellement se reconnecter. Il faut le désinstaller, vérifier la liste des programmes démarrant avec l’ordinateur et changer les mots de passe depuis un autre appareil.

Un antivirus suffit-il à bloquer ce type d’arnaque ?

Pas entièrement. Un antivirus et un navigateur à jour bloquent une partie des pages piégées, mais l’arnaque repose avant tout sur la manipulation : c’est l’utilisateur qui installe le logiciel et qui paie. La meilleure protection reste de connaître les signes d’alerte décrits plus haut.

L’arnaque au faux support technique ne repose sur aucune faille sophistiquée : elle exploite la peur de perdre ses données et la confiance accordée aux grandes marques. Retenir qu’aucun éditeur sérieux n’affiche de numéro dans une alerte, ne réclame de cartes cadeaux et ne prend la main sur un ordinateur sans demande de votre part suffit à déjouer la grande majorité des tentatives en 2026.